🥛Vilains, sadiques, gros costaud mais surtout… fans de lait

“Lundi, c’est ravioli !” vous invite à une analyse du cinéma à travers le prisme de la cuisine. La Grande Bouffe, Les Affranchis, The Menu… La nourriture joue une place importante dans les films. Cette semaine, nous nous intéressons au lait, ce breuvage doux et pur, fortement apprécié des criminels et des sadiques. Clap !

Lundi, c'est ravioli !
3 min ⋅ 15/09/2023

Chez les cinéastes, on aime utiliser la boisson pour mieux définir la personnalité des héros. Un verre de whisky ou un autre alcool fort viendra souligner un caractère brutal chez un personnage. Le vin sera utilisé pour montrer un symbole social. Mais il est aussi très fréquent de voir les protagonistes en train de laper leur lait. Ce doux breuvage synonyme d'innocence et de pureté, produit par les glandes mammaires des mammifères femelles, joue un rôle important dans de nombreux films.

Il existe même un terme spécial : "l’effet du lait". Une technique psychologique que les cinéastes utilisent pour attiser la curiosité du public ou, au contraire, pour l’aider à se faire une idée du personnage. De Inglorious Basterds (2009) à Orange mécanique (1971), en passant par Léon (1994) et Get Out (2017), cette boisson remplie de calcium ne vous semblera jamais aussi intéressante qu’au cinéma.

Le personnage de Rose dans Get Out sirote son lait tout en cherchant de nouvelles victimes. (Image prise sur le site "Business Insider)Le personnage de Rose dans Get Out sirote son lait tout en cherchant de nouvelles victimes. (Image prise sur le site "Business Insider)


🎬 Des personnages vraiment purs et innocents ?

Dans Get Out, la jolie Rose, le personnage féminin de Jordan Peele aime siroter le liquide blanc, nature, sans le mélanger à ses Fruit Loops multicolores. Serait-ce un choix de la part du réalisateur, qui ici sous-entend qu’elle ne souhaite pas mélanger la couleur à sa boisson immaculée ? Toujours est-il que, dans une interview accordée au Los Angeles Times, Jordan Peele avoue qu’il y a quelque chose d'horrible dans le lait, qu’il considère comme quelque chose de “dégoûtant”

Une dissonance vient se créer dans le film de Luc Besson, avec le personnage de Léon. Cette boisson qui évoque l’enfance et l’innocence se retrouve entre deux armes, dans une mallette qu’il ouvre pour assassiner ses ennemis ou récupérer ses briques de lait. Là, le réalisateur suggère que son personnage est encore un enfant. Son côté dangereux cacherait alors une âme pure. La preuve, il s’occupe de Mathilda (incarnée par Nathalie Portman) comme de son enfant.

Le personnage de Léon dans le film de Luc Besson (Capture d'écran de la vidéo YouTube "Milk in Movies: Why Do Characters Drink It?")Le personnage de Léon dans le film de Luc Besson (Capture d'écran de la vidéo YouTube "Milk in Movies: Why Do Characters Drink It?")


🎬 Pourquoi les méchants adorent le lait ?

Chez les Frères Cohen, on nous présente le personnage glaçant d’Anton Chigurh (incarné par Javier Bardem) dans No Country for Old Men (2007). Il s’introduit dans le domicile de la victime, prend une bouteille de lait au frigo sans autorisation et la vide, installé sur le canapé. “Il y a vraiment quelque chose de dérangeant de voir un adulte boire du lait, à même la brique ou la bouteille. C’est marquant, malsain et franchement pas très net”, nous explique Julien Bouisset, journaliste cinéma à L’Obs.

Alors que le lait représente le foyer et son côté rassurant, l’homme menace l’intégrité de la maison et n’hésite pas à enlever la vie d’autrui. Dans ce film, le lait permet de souligner le cynisme exceptionnel et le pouvoir que détient cet homme.

Il est également un élément important puisque (spoiler alert⚠️) le shérif (incarné par Tommy Lee Jones) comprend que le tueur laisse toujours une bouteille de lait après son passage. “Mais qu'est-ce qu'on signale ?, lance Ed Tom Bell, le shérif, en s’asseyant dans le fauteuil. Qu’on recherche un homme qui vient de boire du lait ?”

Javier Bardem, alias Anton Chigurh n'oublie jamais de boire sa bouteille de lait entre deux massacres. (Capture d'écran de la vidéo YouTube "Milk in Movies: Why Do Characters Drink It?")Javier Bardem, alias Anton Chigurh n'oublie jamais de boire sa bouteille de lait entre deux massacres. (Capture d'écran de la vidéo YouTube "Milk in Movies: Why Do Characters Drink It?")

Dans le rôle du criminel sadique et sans pitié, je demande Alex (joué par Malcolm Mcdowell) dans le film Orange mécanique de Stanley Kubrick. Le personnage central et ses droogs shootés au Moloko Plus, aiment siroter un lait assaisonné de speed. Ici, la boisson, symbole de pureté, contrebalance avec la folie de ces bandits impitoyables. Pour Julien Bouisset, “le lait a une haute valeur symbolique. Cette boisson a un côté très juvénile, voire immature. Dans Orange mécanique, ce sont des adolescents, tout juste sortis de l'enfance, qui commettent les pires atrocités”.

Alex et son verre de lait qu'il aime boire au Korova Milkbar avec ses droogs. (Capture d'écran de la vidéo YouTube "Milk in Movies: Why Do Characters Drink It?")Alex et son verre de lait qu'il aime boire au Korova Milkbar avec ses droogs. (Capture d'écran de la vidéo YouTube "Milk in Movies: Why Do Characters Drink It?")

🎬Lait or not lait ?

Visiblement, nombreux sont les réalisateurs contemporains à avoir utilisé le lait comme moyen de perturber les spectateurs, en cassant les codes d’une boisson rappelant la douceur et le réconfort. À l’instar de Quentin Tarantino et son film Inglorious Basterds avec le personnage de Hans Landa (incarné par Christopher Waltz), qui préfère le breuvage blanc à un verre de vin. Ou dans Mad Max : Fury Road (2015), où des femmes fournissent leur lait maternel aux guerriers sanguinaires. Oui, on va pas se mentir, c’est très dérangeant ! Mais c’est aussi ce qui fait que les films soient aujourd’hui cultes.



👨‍🍳 L’heure de la recette !

“Les enfants c'est l'heure du goûter, j'ai fait du riz au lait !”, lance Marielle Le Quesnoy dans le film La vie est un long fleuve tranquille (1988). Rien de mieux que cette recette pour nous faire replonger en enfance, loin de la violence et des responsabilités d’adultes.

Croyez-moi, impossible de résister à sa texture fondante et ferme, au gras du lait et de la crème, le sucre délicatement soutenu par la saveur vanillée. 

François-Régis Gaudry, journaliste culinaire et as de la gastronomie italienne, offre la recette réconfortante de Bruno Doucet, chef de la Régalade à Paris. À retrouver sur la chaîne YouTube de France Inter.

Pour cette recette, il vous faut :

  • 200 g de riz rond (de Camargue)

  • 180 g de sucre cassonade

  • 1 l de lait entier

  • 50 cl de crème fleurette

  • 1 belle gousse de vanille


Merci d’avoir suivi cette thématique autour du lait !🥛

On se retrouve dans un mois pour parler “Repas de famille”.

À vite, clap ! 🎬

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Lundi, c'est ravioli !

Par Azilis Briend

Etudiante en journalisme au CUEJ à Strasbourg, je suis une passionnée de cinéma et de cuisine. Avec “Lundi c’est ravioli !”, j’allie les deux en donnant mon analyse, avec l’aide d’experts sur une thématique.